Ploc ! Ploc ! Ploc !
C'était le soir, il pleuvait à torrent. Une jeune fille marchait l'air morne. Ses cheveux noir, lisse et trempés lui tombaient devant le visage. Pourquoi a-t-il fait ça cet idiot ? Qu'avait-il à me reprocher ? La jeune fille leva la tête. Ses beaux yeux bleu clair se posèrent sur les affiches électorales qui défilaient à côté d'elle. Les hommes politiques la regardaient de leurs sourires figés. Elle accéléra le pas et quelques minutes plus tard, arriva à un parc. Elle y entra et s'assit sur un banc abrité de la pluie. De toute façon ça n'aurait pas duré il m'aurait largué un jour où l'autre... La scène repassait devant ses yeux. Yohann, son ancien petit ami, était devant elle. « Tu sais ? Ça ne marchera jamais entre nous. Et puis tu ne me plais plus ! Lui avait-il dit. Je te laisse. De toutes façon, j'ai trouvé quelqu'un d'autre. » Et il l'avait laissé toute seule. C'était sur qu'il préférerait une autre fille après tout je suis la risée du collège. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues cachées sous ses cheveux. Elle leva la tête et regarda le parc désolant sous la pluie. Rien n'aurait mieux décrit son humeur du moment. Après quelques minutes à observer les arbres et les fleurs croulant sous l'eau, elle se leva et se décida à rentrer au collège. Comme deux ou trois élèves, elle était orpheline et logeait dans l'internat de son établissement. Elle en soufrait beaucoup. Elle avait été privée de ses parents depuis son plus jeune âge et par son plus grand malheur, elle n'avait aucun vrai ami à qui se confier. Elle traînait souvent avec trois filles assez populaires, Melissa, Laura et Marie qui n'étaient vraiment pas digne de confiance. Elles la traitaient un peu comme leur chien. Quelqu'un qui ferait ressortir leur « grandeur ». Gabrielle avait maintes fois essayée de quitter le groupe mais Melissa, qui se croyait mieux que les autres, avait, on pourrait dire, de mauvaises fréquentations. En particulier une bande de lycéen pas très aimable et qui tape sur tout ce qui les dérange, eux ou leurs potes. En bref, Gabrielle n'avait pas le choix. Melissa l'avait menacée une bonne vingtaine de fois et la pauvre fille ne voulait pas de problème. Elle avait donc cédée à tous ses chantages, séchant parfois les cours, jusqu'à voler dans les magasins. Elle était mal vue par les commerçant, qui la prenaient pour une délinquante. Au collège ce n'était pas mieux. Elle était le souffre douleur des autres élèves, l'objet de toutes leurs moqueries. Elle se demandait même pourquoi Yohann lui avait demandé de sortir avec elle. Lui, le mec le plus beau du collège. Sûrement pour se moquer d'elle, et elle était même sur qu'il l'avait quitté pour Melissa. Elle était très demandée par les garçons. En tous cas elle se sentait honteuse de ne pas avoir vu le coup arriver et quand Yohann est venu la voir et qu'il lui a dit elle n'avait pas pleurée. Non, elle savait que ça ne durerait pas, que ce n'était qu'une question de temps... maintenant que c'était fini, elle s'en voulait d'avoir dit oui. Ah qu'elle s'en voulait ! Elle sortit de ses pensées. Elle était arrivée devant le collège. Elle entra et Jeanne une surveillante d'origine espagnole assez forte lui fit la morale. La jeune fille se dirigea vers les chambres, la surveillant sur les talons qui, maintenant, lui criait dessus. Si la jeune fille n'était pas appréciée des élèves, elle n'était pas non plus appréciée des surveillants et surtout de Jeanne qui lui reprochait tout un tas de chose et ne manquait pas une occasion de la traiter de mal élevée. Arrivée devant sa chambre, Gabrielle ouvrit sa porte, rentra, ferma la porte au nez de la surveillante et referma derrière elle à clef. Elle s'assit sur son lit et prit sur sa table de chevet, son livre préféré : Tara Duncan. Elle enviait la jeune sortcelière qui était aimé de tous et avait des amis en qui elle pouvait avoir confiance. Gabrielle se demandait bien comment l'héroïne pouvait autant détester la magie. Elle, elle aurait donné n'importe quoi pour vivre une pareille vie. La jeune fille reposa son livre, puis sous un violent sanglot, tomba sur son lit et pleura toutes les larmes de son corps
